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Gaulois

Gaulois

Le terme de Gaulois désigne les populations celtiques qui résidaient en Gaule, (Gallia en latin), c'est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, de la Belgique, et de l'Italie du Nord protohistoriques, probablement à partir du premier âge du fer (vers -800). Les Gaulois étaient divisés en de multiples tribus ou peuples, parfois fédérés, chacune présentant une culture originale. Les civilisations gauloises sont rattachées en archéologie à la civilisation celtique de La Tène (du nom d'un site découvert sur le lac de Neuchâtel, en Suisse). La civilisation de la Tène s'épanouit sur le continent au deuxième âge du fer et disparut en Irlande durant le haut Moyen Âge.

Le nom

Les Romains ont donné à ces Celtes le nom latin de Galli, pluriel de Gallus, habitants de la Gallia, « Gaule », termes associés à la Renaissance grâce à une homonymie au mot gallus, « coq », devenu l'animal emblématique de la France. Quant aux Grecs, ils nommaient les Gaulois Κελτοι (Celtes, dixit Jules César) ou encore Γαλάται, pluriel de Γαλάτης, Galátai / Galátês, qu'on peut rendre par Galates. Enfin, le mot français Gaulois vient du francique
- Walhisk
, dérivé de
- Walha
(qui nous donne Gaule), mot désignant les Romans, habitants de la Romania, et qui en allemand moderne a donné Welsch, terme souvent péjoratif par lequel les Allemands désignent les populations de langue romane.

Limites chronologiques et géographiques

Les origines

Les débuts de l'époque gauloise sont difficiles à dater et varient selon les régions et la chronologie considérées. Il est communément admis que la civilisation gauloise s'épanouit avec La Tène, c'est-à-dire au deuxième âge du fer, vers le .

Témoignages archéologiques et historiques

Certains archéologues font toutefois remonter la civilisation gauloise au ou (époque de la civilisation celtique de Hallstatt, Allemagne) : les sources archéologiques de cette époque, telles le tombeau de la princesse de Vix (Côte-d'Or)), daté du début du , offrent l'image d'une société marquée par la domination d'une caste aristocratique et guerrière faisant usage du char et de l'épée longue. Dans les sources grecques, en particulier de l'époque macédonienne, de nombreuses mentions de Celtes appartenant sans doute à des peuples gaulois sont présentes : il est surtout fait référence à leur courage et à leur valeur guerrière. Cela correspond à la période de la plus grande expansion celtique ( et ). Dans les sources latines postérieures, les Gaulois des et sont clairement distingués des Cimbres, des Teutons (peuplades germano-celtiques), des Bretons et des Helvètes (peuplades celtiques de Grande-Bretagne et de Suisse).

La fin de l'indépendance

Longtemps indépendante, sans être pour autant unifiée, la Gaule fut incorporée militairement à la république puis à l'empire romain en deux étapes : la Gaule méridionale (qui devint la Gallia togata en latin, c'est-à-dire Gaule en toge) fut conquise dès la fin du et était sans doute romanisée moins d'un siècle plus tard. Elle devint la première province romaine hors d'Italie : la Narbonnaise et compta la première cité de droit romain hors d'Italie (Narbonne). La Gaule septentrionale (Gallia comata, c'est-à-dire Gaule chevelue ou bracata (Gaule en braies) fut soumise en -52 par les légions romaines menées par Jules César qui défirent une coalition gauloise menée par l'Arverne Vercingétorix. L'historiographie romaine ne situe la fin de la pacification qu'en -51, à la suite de l'ultime défaite des vaincus d'Alésia rassemblés sous les ordres du chef Lucterios. La présence de nombreux lieux-dits camps de César en France ne doit pas tromper : la plupart d'entre eux sont des sites postérieurs, datant parfois du Moyen Âge. Cependant, il est probable que la pacification fut plus longue que ce que l'on a longtemps cru et dura au moins un siècle.

Les Gaulois de l'empire

Les termes « gaulois » et « Gaule », ainsi que l'essentiel des noms de tribus (par la suite des cités) de la Gaule protohistorique restèrent en usage pour désigner peuples et territoires (cités) au moins jusqu'au , c'est-à-dire jusqu'à l'époque mérovingienne. En archéologie et en histoire, on a longtemps désigné les Gaulois romanisés ou romains sous le nom de gallo-romains, quoique ce terme n'ait jamais été employé dans les sources.

Héritage gaulois

L'héritage que les Gaulois transmirent au reste du monde antique concerne principalement les domaines de l'artisanat : ébénisterie, forge, etc. (le tonneau, notamment, serait une invention gauloise), des arts culinaires, des arts militaires (la cotte de mailles celtique fut sans doute le modèle utilisé par les Romains et son usage se répandit en Europe au haut Moyen Âge) et de la langue. Il a survécu à travers la culture romaine durant le haut Moyen Âge. Dans un but de propagande nationale, l'idéologie de l'école de Jules Michelet, notamment au début du dans le contexte de l'opposition à l'Allemagne, a propagé une vision ethnocentriste du peuple français, privilégiant un élément gaulois indigène par rapport aux éléments romains, germaniques et romans postérieurs. En fait, au , Napoléon III, auteur d'une biographie de Jules César, a beaucoup contribué à remettre les Gaulois au goût du jour par son implication dans les chantiers de fouilles qui visaient à exhumer les sites de la guerre des Gaules. Le français, quant à lui, doit plus aux apports successifs du latin ; c'est une langue romane et le gaulois n'a laissé qu'un nombre réduit de termes (on parle d'un substrat gaulois qui a longtemps été sous-estimé mais est actuellement réévalué à la hausse de manière régulière sur une base latine). Les Gaulois utilisaient peut-être (mais les témoignages ne sont pas directs et peu sûrs) le système de numération vigésimal (en base 20) ; la présence résiduelle en français de celui-ci (80 se disant quatre-vingts et non octante comme en latin, etc.) n'est donc vraisemblablement pas due à cet héritage. Trace notable, dans la Turquie actuelle, la Galatie est un lointain témoignage de la présence de Gaulois (Galates) qui servirent Alexandre le Grand comme mercenaires avant de s'établir dans cette région d'Asie mineure. Un quartier d'Istamboul leur aurait été réservé et aurait pris leur nom, celui de Galatasaray, « palais des Galates », où auraient résidé les mercenaires engagés par le pouvoir byzantin. C'est du moins l'une des origines possibles du toponyme. À en croire saint Jérôme, dans son commentaire de l’Épître aux Galates, ces derniers parlaient encore au la même langue que les Trévires. Il faut donc supposer qu’à cette époque le gaulois n’avait pas encore disparu d’Asie mineure, ni d'ailleurs de la région de Trèves. de plusieurs centaines à plus d'un millier de termes : voir notamment :
- Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Paris, 2002
- Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, 2001

Langue

Généralités

On ne connaît que peu de choses de la langue gauloise, dont les attestations sont très parcellaires, et généralement recueillies sur des objets votifs, à l'exception de trois pièces majeures : les plombs du Larzac, de Chamalières, de Lezoux. On a aussi retrouvé un grand calendrier à Coligny, dans l'Ain. Les Gaulois, de tradition orale, n'utilisaient pas un alphabet propre, mais ont emprunté celui des Grecs, des Étrusques ou des Romains. La rareté des attestations écrites serait due à une particularité religieuse (cf. l'article sur les druides). Les Gaulois parlaient plusieurs dialectes d'une langue celtique ; ceux-ci ont certainement cotoyé un substrat préceltique hétérogène dont, à l'exception du basque — dont l'extension était à l'époque plus importante qu'aujourd'hui —, il ne reste de traces que dans la toponymie ou l'hydronymie (pour le « ligure », par exemple, les noms en -asc/osc : Manosque, etc. Seine < Sequana serait également d'origine pré-celtique). Il paraît impossible de connaître l'influence de ces substrats sur la dialectalisation et l'évolution du gaulois (à ce sujet, on pourra consulter l'article sur la toponymie). Le gaulois fait partie du groupe celtique continental (appartenant à la famille indo-européenne) : toutes ces langues sont aujourd'hui éteintes, même si quelques mots subsistent dans certaines langues d'Europe et surtout dans la toponymie (noms de villes en -euil, -jouls, etc.). Aucune des langues celtiques actuelles (du groupe dit insulaire) ne provient de celle parlée par les Gaulois (même s'il semble que le gaulois était plus proche du celtique insulaire primitif que les autres langues celtiques continentales). À une époque, on a tenté d'expliquer certaines particularités du dialecte vannetais du breton par l'influence d'un substrat gaulois. Aujourd'hui, la plupart des linguistes ont rejeté cette hypothèse et expliquent, a contrario certaines de ces particularités dialectales par l'existence d'un substrat gallo-romain plus important dans la région de Vannes (c.f. les explications dans l'article sur la langue bretonne).

Vocabulaire attesté

Parmi les mots gaulois attestés on peut citer dans l'ordre alphabétique, toujours en restant conscient qu'une forme et son sens peuvent légèrement varier et que ces formes restent plus ou moins approximatives : Toute nouvelle contribution est la bienvenue.

Noms gaulois

Préfixes

NEMETO-DURON "sacré-citadelle" = Nanterre

Suffixes

ARTO-BRIGA "ours-forteresse" EBURO-BRIGA "if-forteresse" LITANO-BRIGA "large-forteresse" NEMETO-BRIGA "sacré-forteresse"

Noms propres

CARNONOS "cornu" de CARNU "corne". DIVONA "divine" de DIVOS "dieu". EPONA "chevaline" de EPOS "cheval. MAPONOS "filial" de MAPOS "fils". RIGATONA "royale" de RIGOS "roi".

Syntaxe et morphologie

Morphologie

La faiblesse des pièces écrites explique qu'il soit très difficile de reconstituer la morphologie de la langue gauloise. Il paraît à peu près certain qu'il existait au moins cinq cas : nominatif, accusatif, génitif, datif et instrumental/sociatif; l'existence d'un locatif est supposée pour la déclinaison des thèmes en -o ; le vocatif n'est pas assurée. La déclinaison, pour ce qu'on en connaît, représente une sorte d'état intermédiaire entre le grec et le latin. Le thème en -o, le mieux attesté (qui équivaut à la seconde déclinaison latine et grecque), se décline ainsi (la déclinaison de l'instrumental pluriel est incertaine) : exemples Uiros = homme (masc.) et nemeton = sanctuaire (neutre). A noter que comme dans les langues romanes modernes, les langues celtiques modernes n'ont plus de genre neutre d'où la difficulté de définir le genre de bon nombre de termes gaulois.


Le génitif en -i paraît être une innovation commune aux langues indo-européennes occidentales (latin, celte). L'instrumental pluriel attendu est en us mais des formes en obi sont attestées (messamobi, gandobi) et il y a peut-être eu réfection sur les autres termes comme en vieil irlandais. Le thème en -a, qui équivaut à la première déclinaison latine et grecque. Il se double de thèmes en i/ia que l'on retrouve en sanskrit. En gaulois tardif, les 2 thèmes tendent à fusionner. Ces thèmes se déclinent ainsi : Touta "peuple" /Riganî "reine"



Les autres thèmes vocaliques sont peu attestés mais on peut les reconstituer (notés
- dans les exemples). Il existe des thèmes athématiques consonnantiques à semi-voyelles, dont la déclinaison est très proche de la troisième déclinaison latine : Exemple: semi-voyelle i/u - uatis "devin", mori "mer" - magus "garçon, valet" et medu "hydromel" (neutre) Quant au verbe et à sa conjugaison, elle est encore plus mal connue. Il semble que le gaulois, à l'instar du grec, ait conservé de l'indo-européen des verbes en -mi (athématiques) et en -o (thématiques). Le gaulois posséderait, comme le grec, cinq modes : un indicatif, un subjonctif, un optatif, un impératif et un infinitif (sous la forme d'un nom verbal) et au moins trois temps : présent, futur, prétérit.

Syntaxe

La syntaxe du gaulois, à ce stade (2005), est encore quasi-inconnue. On a reconnu quelques coordinations, peut-être quelques pronoms relatifs, anaphoriques et démonstratifs. L'ordre de la phrase paraît être sujet/verbe/compléments. Exemple: 1) Conjonctions & adverbes de coordination -K : et, suffixe de coordination entre 2 syntagmes de même nature (verbes, noms) ; Ak : conjonction de coordination + emploi instrumental-sociatif « avec » ; Eti (adv.): de même, encore (cf latin etiam) - préposition (cf latin idem ou item); Etik: et encore, introduit une relative à l’instrumental ou un dernier élément de liste ; Extos, exter
-
: mais; Koetik: et aussi, v. etik; Newe
-
: ou; -We : ou, suffixe de coordination; Toni (adv): alors ; ensuite, puis ; de plus, en outre (cf : then, dan, dann en langues germ., tum en latin) ; 2) Adverbes Eti: encore; Moxsou
-
: bientôt, tôt; Nou : maintenant; Sindyou : aujourd’hui; Sindesî
-
: hier; Sin(di)noxti
-
: cette nuit; Toni: alors, puis; Inte + adj. D Masc. ou N : adverbe de manière en « -ment » - ex. inte marou = grandement 3)Prépositions & préfixes Ad : vers, à ; prép. + accusatif (at en anglais) adomi ? Ambi : autour, près de ; au sujet de ;réfléchi Ari : devant ; à cause de; prép. + dat. Aw : de, provenance ; prép. + génitif / datif ? (germ. von, from/of) : (1) de, venant de (éloignement, séparation) ; (2) de (partitif) ; (3) sans, préfixe négatif ou intensif; préposition + dat. (cf from en anglais) Enter, entar : prép + acc. ; entre Eri : (1) Par, au nom de, pour (lat. per, gall. er, angl .by, all um ); (2) autour ? (grec peri, all. um) Exs : prép. + dat.; hors de, sans (cf. out of, aus germ.) In, eni- : préf. et prép. + dat. & acc. ; dans ->Enimi (en moi) Issou : dessous, au pied de, au-dessous de ; préf. et prép. + dat. Kanti : avec ; prép.-> Kantimi (avec moi) Kon-/Ko(m)-: avec, ensemble; préfixe Ouxsi : au-dessus de, en haut de Râko-: devant, avant Ris : comparer irl. Fri/ri de
- writi, wris: tourner (cf latin versus)  (1) contre, vers, près de; (2) en vue de, pour, envers Sepos (acc) : excepté, au-delà, outre > sans To : à, pour prép.+ datif (to, zu germ.) -> Tâmii (pour moi) Tre-, tri : par, à travers (durch, through germ.) ; préf. et prép. + acc. Wer(o)- : sur; préf. et prép. + dat. & acc. Wo/wâ: préf. et prép. + dat. & acc. ; sous Autres articles :
- linguistique
  - dictionnaire des langues
    - langues par famille
      - langues indo-européennes
      -
- langues celtiques

Tribus et peuples

Article détaillé : peuples gaulois Les tribus et peuples gaulois les plus célèbres sont : peuples gaulois
- Allobroges (Dauphiné et Savoie)
- Andes (Anjou)
- Arvernes (Auvergne)
- Bellovaques (Beauvais)
- Bituriges (Berry)
- Boïens (Sancerre)
- Cenomanii (Le Mans)
- Cadurques (Quercy)
- Carnutes (Orléans)
- Éduens (Bourgogne)
- Helvètes (Suisse)
- Rèmes (Reims)
- Salyens (Bouches-du-Rhône)
- Séquanes (Franche-Comté)
- Senons (Sens)
- Morins (boulonnais)
- Parisii (Paris)
- Pétrocoriens (Périgueux)
- Trévires (Trèves)
- Voconces (Dauphiné et Drôme)
- Volques (Belgique)
- Volques Arécomiques (Nîmes)
- Volques Tectosages (Toulouse)
- Vénètes (Bretagne) Les Gaulois célèbres :
- Vercingétorix, roi arverne de la coalition gauloise qui s'opposa à la conquête romaine et aux Éduens.
- Lucterius, (grec Lucterios) le dernier chef gaulois qui résista à Jules César sur le site d'Uxellodunum en territoire lge »)

Clientélisme

Les Gaulois, comme nombre de civilisations antiques, tenaient entre eux des rapports fonctionnant sur le principe de la clientèle. Ce lien social très fort apparut à l'époque aristocratique ( et ) et perdura jusqu'à la conquête, lorsque des notables locaux (les « Vergobrets » étaient l'équivalent de maires) s'étaient substitués aux nobles. Les clients servaient des patrons, sans doute originellement afin de rembourser d'anciennes dettes, de réparer certaines fautes, ou pour d'autres raisons à caractère social et ce lien se transmettait héréditairement. L'homme ou le peuple client était libre (le clientélisme antique est différent de l'esclavage) mais il devait rendre des services ou s'acquitter de tributs. Un patron pouvait avoir plusieurs clients. Il pouvait, enfin, défaire le lien qui pesait sur sa clientèle ou bien transmettre sa clientèle à un autre. Des gens, des familles entières, pouvaient ainsi être clientes d'une personne ou d'une famille puis d'une autre.

Voir aussi


- Articles connexes : Gaule - Celtes - Druide - Âge du fer - Hallstatt - La Tène - Liste des peuples gaulois en France - liste des peuples celtes de Belgique - liste des peuples celtes d'Espagne - liste des peuples celtes d'Italie - liste des peuples celtes de Suisse - liste des peuples celtes d'île de Bretagne - Mythologie celtique
- Astérix : bande dessinée de Goscinny et Uderzo qui raconte les aventures du héros éponyme. Astérix doit défendre son village contre les troupes romaines de Jules César. Il s'agit bien sûr d'une fiction, qui peut apprendre au lecteur informé quelques données importantes du monde antique. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'image proposée dans cette bande dessinée est caricaturale et ne représente que de loin ce qu'était le peuple gaulois. L'aspect chauvin des personnages, par exemple, n'a que peu à voir avec ce que les textes antiques nous rapportent.
- Alix : bande dessinée de Jacques Martin qui narre les aventures d'un jeune Gallo-romain, ami de César et auteur de nombreux voyages dans le monde antique. Les derniers tomes, en particulier, sont d'une exactitude historique remarquable, à l'exception des aventures elles-mêmes qui sont bien entendu imaginaires.

Liens externes


- [http://www.lexilogos.com/gaulois_peuples_carte.htm Cartes des peuples gaulois vers l'an I]
- [http://www.louisg.net/C_gaulois.htm Le calendrier gaulois] Catégorie:Langue morte Catégorie:Monde celtique
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Celtes

Les Celtes (grec keltoï) – dont certains furent nommés « Galates » (grec galatai), puis « Gaulois » (latin galli) par les Grecs puis par les Romains – constituent une civilisation protohistorique européenne (qui survécut au Moyen Âge en Irlande, jusqu'à l'évangélisation de l'île par Saint Patrick au ). Les Celtes appartiennent à la famille des Indo-européens. Ne connaissant pas d'unité politique, ceux que l'on désigne ainsi étaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes, des rites différents (César, De Bello Gallico, I, i), surtout connus dans les sources antiques grecques et romaines pour leur valeur guerrière, leur caractère emporté, leurs sempiternelles luttes intestines et pour les mystères de la religion druidique. Ils ne constituèrent pas une civilisation sanguinaire et destructrice comme les auteurs anciens l'ont souvent écrit (ils sont connus pour avoir pratiqué les sacrifices humains et pour avoir voué un culte aux têtes coupées, notamment chez Diodore de Sicile), mais bien une culture riche, unique durant l'Antiquité, qui sut s'épanouir et notamment, développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue. C'est certainement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes eussent horreur du centralisme et ne connussent que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme (voir à l'article « Gaulois »). L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes spectaculaires (jusqu'au ) qui les menèrent jusqu'en Asie Mineure, puis par une suite de revers militaires qui les cantonna aux seules îles britanniques et à l'Irlande, après la guerre des Gaules de -58 à -51.

Sources et définition

Sources historiques

Les Celtes sont apparus dans l'Histoire au travers de textes postérieurs, rédigés par leurs ennemis (comme la Guerre des Gaules, de Jules César) et/ou d'après le souvenir de leurs victimes (ils assiègent le Capitole et pillent le sanctuaire panhellénique de Delphes au ), ce qui leur vaut la description de barbares sanguinaires qui a été mentionnée plus haut. Il faut attendre près de deux siècles pour que - la plupart de ces peuples en mouvement s'étant déjà fixés depuis longtemps - les sources nous livrent une profusion de détails géographiques et culturels qui ne sont plus directement en relation avec le bellicisme celtique. Ainsi, les limites géographiques des peuples celtiques sont mieux connues à l'époque de la république romaine tardive (), au moment même où les Celtes sont pris en tenaille sous les assauts conjugués des Romains et des Germains. Voici une liste, non-exhaustive et à développer, des principaux auteurs anciens qui nous renseignent sur les Celtes :
- Hécatée de Milet (première mention historique) et Hérodote, Histoires
- Polybe, Histoires (livre II)
- Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines
- Posidonios (ou Posidonius, dit de Rhodes ou d'Apamée), Le monde, L'océan, Histoires (continuation de l'œuvre de Polybe)
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique
- Jules César, De bello gallico
- Tite-Live, Histoire romaine
- Strabon, Géographie (notamment inspiré par Posidonios)
- Pline l'Ancien, Histoire naturelle
- Lucain, La Pharsale (en particulier sur la religion)
- Ammien Marcellin, Histoires, XV (reprend Timagène d'Alexandrie)
- Michelet, Le moyen-age, histoire de France

Sources littéraires

Les sources historiques ne constituent qu'une approche du domaine celtique, et l'on reste au niveau de l'approximation. C’est par l'étude de la littérature irlandaise médiévale que l’on comprend la spécificité celtique, dans l'Antiquité. L'Irlande n’a pas connu la romanisation, et de par son insularité, la civilisation celtique a perduré jusqu’à l’arrivée de Saint Patrick au . Henri d'Arbois de Jubainville a recensé, en 1883, 953 manuscrits irlandais dans les bibliothèques, sans prendre en compte ceux qui sont conservés dans des collections particulières. Ces textes datent de différentes époques, le plus récent est du ; cependant l'archaïsme de la matière est indépendante de la date du document, comme l'ont démontré Christian-Joseph Guyonvarc'h et Françoise Le Roux dans La civilisation celtique (Objections et problèmes de méthode). Il arrive aussi qu'un texte du soit la retranscription d’un texte du , ou que tel Livre soit la compilation de récits connus par ailleurs. Cette littérature comporte quatre catégories : le cycle mythologique, le cycle héroïque d’Ulster, le cycle de Finn et le cycle historique. Outre la difficulté linguistique (irlandais ancien), il convient au philologue de retrouver le substrat archaïque des Celtes de l'Antiquité, dans un contexte fortement christianisé. Certains faits, certains mythes ont été remaniés de façon à correspondre aux dogmes de l'Eglise. D'autres éléments, du fait de leur ancienneté, étaient simplement incompréhensibles pour les copistes, la retranscription devient parfois aléatoire. Les travaux de ces dernières décennies ont considérablement modifié l'approche que l'on doit avoir du sujet, notamment avec l'étude comparative dans le cadre des Indo-européens. Cela se ressent dans les domaines de la mythologie, du druidisme, de la structure de la société. Ces sources littéraires précisent et confirment ce que nous avons appris des sources historiques, et sont aussi utiles aux études archéologiques. Pour les textes les plus importants, on peut citer par exemple :
- Tain Bo Cualnge (La razzia des vaches de Cooley)
- Lebor Gabála Érenn (Le Livre des Conquêtes d'Irlande)
- Immacallam in da thuarad (Le dialogue des deux sages)
- Auraicept na nEces (Le rudiment du poètes)
- Cath Maighe Tuireadh (La bataille de Mag Tured)
- Dindshenchas (Antiquités ou histoires des forteresses)
- Mesca Ulad (L'ivresse des Ulates)
- Sanas Cormaic (Glossaire de Cormac)
- Suidigud Tellach Temra (La fondation du domaine de Tara)
- Tochmarc Emire (La courtise d'Emer)
- Tochmarc Etain (La coutise d'Etain)
- Aided Con Culaind (La mort de Cuchulainn)
- Airne Fingen (La veillée de Fingen)
- Aislinge Oengusso (Le rêve d'Oengus)
- Compert Conchobair (La conception de Conchobar Mac Nessa)
- Forbuis Droma Damhghaire (Le siège de Druim Damhghaire) auxquels on peut ajouter les textes Gallois :
- Les Mabinogion (ou Les Quatre branches du Mabinogi)
- Hanes Taliesin (L’histoire de Taliesin)

Sources archéologiques

L'archéologie nous renseigne quant à elle sur un autre aspect important du monde celte : l'importance de l'artisanat, qui explique aussi une domination des arts mineurs, tels que l'orfèvrerie, dans les arts celtiques. De plus, nombre des innovations du monde celte qui ne sont pas des œuvres d'art, telles que l'enclume ou le tonneau connaissent un succès mérité dans le monde romain. Une statuaire celte est connue, qui a longtemps été cantonnée au sud-est de la Gaule (Roquepertuse, Entremont, guerrier gaulois de Vachères) et dont on supposait qu'elle était due à l'influence proche de Marseille grecque. L'invention d'une statue originale à Glauberg (Allemagne) démontre que cette vision des choses est partielle. Les sources archéologiques ont également permis d'acquérir une connaissance importante de l'armement celtique ou encore, récemment, d'entrevoir un univers spirituel sanguinaire qui s'approche d'avantage de celui que les textes romains présentaient pour les peuples belges. Enfin, les objets et les structures livrés par les nombreux oppida (véritables villes-fortifiées comme à Entremont, près d'Aix-en-Provence ou à Bibracte, la capitale des Éduens) ont mené à la conclusion que les Celtes avaient progressivement développé, jusqu'à la veille de la conquête romaine, une civilisation complexe, qui n'ignorait plus l'urbanisme.

Étendue et peuplement du « monde celtique »

Compte tenu de la durée de la civilisation des Celtes, qui s'étend de la protohistoire jusqu'au Moyen âge, et compte tenu des dimensions de l'espace géographique que les Celtes occupèrent en Europe, il convient avant d'aborder la question du peuplement celtique de rappeler quelles sont les limites connues et communément admises pour le monde « celtique » (la koiné celtique). Les sources les plus anciennes mentionnent les Celtes, habitant les régions qui vont des colonnes d'Hercule jusqu'au Danube (Hérodote au milieu du , c'est-à-dire à peu de choses près l'Espagne, la France, le nord de l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche (où la présence de populations à caractère celtique est attestée). C'est à la fin du qu'apparaît, encore dans les sources grecques, le terme « Galates » pour désigner précisément les Celtes réunis sous l'autorité d'un Brenn (chef) qui se heurtent aux Grecs à partir de -310, traversent non sans laisser de traces les Balkans et gagnent l'Asie près de Byzance. Le contexte dans lequel ce nom est utilisé laisse penser que les intéressés se nommaient ainsi. Près de deux siècles et demi après, Jules César mentionne les Gaulois, qui se nomment Celtes dans leur langue et qui habitent une partie de la Gaule (les deux autres parties étant peuplées par les Aquitains et par les Belges). Point commun de ces trois témoignages qui reflètent par ailleurs des réalités et des objectifs différents, l'existence des Celtes est attestée durant ces siècles qui, d'Hérodote à César, constituent ce que les archéologues ont nommé « civilisation de la Tène » (du site de La Tène, sur la Thielle, en Suisse). À ce « domaine celtique » attesté par les sources historiques, il faut ajouter l'île de Bretagne, également conquise peu après par les Romains et dont César mentionnait la spécificité par rapport à la Gaule. Il faut, enfin, ajouter l'Irlande, de l'âge du fer jusqu'au haut Moyen Âge, telle que la révêlent l'archéologie et la tradition, les textes chrétiens insulaires de cette dernière période.

Celtes ou Gaulois ?

Considérant ces données, une définition restrictive des Gaulois se rapporte, pour les archéologues, à ce qui relève des régions continentales relativement proches de Rome (sur les territoires de la France, de la Belgique, de l'extrême ouest de l'Allemagne et de l'Italie du nord), et peuplées par des Celtes entre la fin du et la fin de la conquête de la « Gaule chevelue » par Jules César (en -51). Cette définition exclut notamment les Celtes de Bretagne et d'Irlande, les Celtes de Bohême ou Scordisques, mais inclut les Belges, les « Gaulois du midi » (soumis par Rome un siècle avant leurs voisins du nord), et les Gaulois cisalpins. A contrario, on regroupe sous le terme Celtes les Gaulois (y compris les Belges), les Scordisques (Celtes danubiens), les Celtibères (Celtes d'Ibérie, c'est-à-dire d'Espagne) les Bretons (Celtes de Grande-Bretagne), les Gallois du haut Moyen Âge, les Celtes d'Irlande ou encore, les Galates d'Asie mineure.

Histoire

Ethnogenèse des Celtes

Concernant l'origine des Celtes, deux explications extrêmes sont possibles sans qu'aucune donnée archéologique ou historique ne permette de trancher. Soit une vague de peuplement pré-celtique ou celtique de l'Europe aurait eu lieu, se superposant à un ou plusieurs peuplements antérieurs: le problème de savoir quand et à partir de quel foyer ce peuplement se serait produit se pose alors. Soit une civilisation à proprement parler « celtique » se serait lentement développée par diffusion culturelle sur un fond de peuplement préhistorique antérieur : dans ce cas, aucun bouleversement ethnique d'importance n'aurait accompagné la « naissance » des Celtes. Évidemment, la combinaison ou la juxtaposition partielle de ces deux explications est également possible. En tous cas, les ancêtres des Celtes, peut-être à rechercher parmi les peuples pré-celtiques, furent probablement parmi les premiers Indo-européens à avoir remonté le Danube et peuplé la région alpine. Ces peuplades préhistoriques occupèrent durablement toute la partie occidentale de l'Europe, de l'Écosse au Nord jusqu'à l'Espagne au sud, et des Balkans à l'Est jusqu'à l'Irlande à l'ouest.

La culture des champs d'urnes

Pour de nombreux chercheurs, les origines d'un peuplement qu'on peut réellement associer au nom des Celtes seraient identifiables à partir du , au premier âge du fer, dès la fin de la culture des champs d'urnes. Un changement culturel majeur, en effet, a lieu dans l'Europe préhistorique, vers -1300 : l'exploitation du bronze, et sa production gagnent brutalement en qualité et, dans le même temps, les tumuli (latin – sing. tumulus : tertres funéraires) sont remplacés par des champs d'urnes : les sépultures ne se font plus par inhumation mais par crémation. Les cendres des défunts sont alors placées dans une urne qui est rassemblée avec d'autres. L'expansion de ce mode de sépulture est constatée dans toute l'Europe centrale et occidentale, jusqu'à l'Irlande.

La culture de Hallstatt : premier âge du fer

Vers -900 à -800, une innovation technologique considérable vient bouleverser une civilisation relativement stable : la métallurgie du fer. Les débuts de cette métallurgie sont connus dans le sud de l'Allemagne, l'Autriche et l'est de la France : ils semblent associés à l'émergence d'une aristocratie guerrière dont le prestige repose sur l'usage de l'épée et sur la possession d'attelages d'apparat (les premiers chars celtiques). C'est la culture du Hallstatt (repère H sur la carte ci-dessous). Il faut moins de cent ans pour que ces technologies soient connues dans l'ensemble du monde celtique, preuve d'une grande cohésion de l'ensemble dès cette époque. Parmi les sites de cette époque, l'un des plus connus est le tombeau de la princesse de Vix, en Côte-d'Or. Si la prospérité économique initiale du premier âge du fer, période qui semble avoir été relativement stable sur le plan politique, repose sur un axe commercial nord-sud, situé à l'est des Alpes et reliant la Méditerranée à la Baltique (route du commerce de l'ambre), des changements surviennent dès les VIII-VII siècles avant notre ère. Vers -700/-600, en effet, les inhumations sous tumulus réapparaissent, sans doute liées à des changements religieux qui traduisent une dégradation économique. Les centres économiques originels du premier âge du fer connaissent à la même période un déclin au profit de nouveaux centres secondaires. Le site de Hallstatt est brûlé et ne sera plus réoccupé ; simultanément, la multiplication de petits oppida (latin sing. oppidum : un lieu élevé (colline ou montagne) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l'homme) traduisent un état d'insécurité corrélatif à un émiettement de l'autorité politique. Des mouvements de peuples sont alors attestés par les sources grecques : c'est à cette époque qu'est utilisé pour la première fois le terme keltoi pour désigner les peuplades résidant au nord des Alpes.

La culture laténienne : deuxième âge du fer

Vers -400 au plus tard, débute en Europe continentale une nouvelle période, appelée le deuxième âge du fer. Elle est caractérisée par une nouvelle civilisation qui doit son nom à un site remarquable : celui de La Tène (repère L sur la carte jointe plus loin), découvert sous les eaux du lac de Neuchâtel, en Suisse. Au même moment, des peuples celtiques se mettent en route à travers toute l'Europe et bouleversent le monde antique.

L'expansion celtique des IV-III siècles

Peut-être dans le prolongement des bouleversements des V-VI siècles, les Celtes entament au début du IV siècle une phase d'expansion vers l'Est et vers la Méditerranée. Tour à tour envahisseurs et pillards redoutés, les Celtes sont à Rome en -390. Vers -350 ils envahissent la future Bulgarie, la Thessalie, Athènes. Ils pillent Delphes et fondent Belgrade. Une ambassade celte rencontre Alexandre le Grand sur les rives du Danube. En -278, la présence de mercenaires celtiques en Galatie (Asie mineure, repère G sur la carte) est attestée : ils vont jusqu'en Syrie.
Ainsi, c'est durant la deuxième période de l'âge du fer, celle de la Tène (repère L sur la carte) que l'existence des Celtes est réellement attestée par des sources historiques et c'est à la fin du III et au début du II siècle qu'ils connaissent leur plus grande expansion géographique (zone 2 sur la carte). Ils la doivent sans doute en premier lieu à leur armement en fer. La métallurgie du fer, en effet, maîtrisée à l'époque de Hallstatt, confère une indéniable supériorité militaire et matérielle. Elle constitue dès l'origine, avec la langue, le plus sûr indice d'appartenance au monde celtique. L'expansion de cette technologie est très importante, de l'Europe centrale jusqu'à la Mer noire, en passant par l'Ukraine. Un autre facteur important semble être leur mobilité. Les Celtes ont d'abord et durant très longtemps une réputation de mercenaires : l'on connaît des troupes de guerriers isolés, mais également celles accompagnées d'une population entière, accomplissant ce que les Romains nomment ver sacrum, c'est-à-dire une migration sacrée. Cette réputation va perdurer. Très réputés même après la défaite d'Alésia, les Celtes serviront dans les armées romaines comme auxiliaires : les cavaliers gaulois. Parmi l'armement celtique, l'épée longue celtique sera copiée par les Germains qui en feront plus tard l'instrument de leurs victoires sur les Romains. La cotte de mailles, enfin, est une invention celtique qui sera reprise dans tout le monde antique avant de connaître le succès que l'on sait au Moyen Âge. À côté de cela, les Celtes utilisent la fronde et la lance. L'arc ne se répand qu'au moment de la résistance contre Rome.

Les défaites des II-I siècles

Aux II-I siècles avant notre ère, les Celtes sont soumis sur le continent à la pression conjuguée des Germains à l'est et des Romains au sud. À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise durant le dernier tiers du II siècle. Les invasions de bandes armées et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes conduits par leur roi Orgétorix, et suscite des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse. Occupée par le conquérant romain qui s'est immiscé dans la politique gauloise, une partie de la Gaule se soulève en janvier -52. Après la défaite à Alésia du chef de la coalition gauloise, Vercingétorix, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum où ils s'étaient réfugiés. Au I siècle de notre ère, l'île de Bretagne est conquise à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande. Cette dernière île est christianisée au V siècle.

Chronologie des Celtes


- vers -750 / -700 : début du premier âge du fer en Gaule
- vers -600 : Fondation de Marseille par des colons grecs de Phocée
- vers -600 / -550 : premières inscriptions en langue celte à Sesto Calende (Italie du Nord)
- vers -500 / -450 : début de l'expansion celte en Gaule et Italie du Nord. Migrations en Grande Bretagne
- vers -475 / -450 : début du deuxième âge du fer en Gaule
- vers -400 : invasion gauloise en Italie
- -396 / -390 : deuxième vague d'invasions celtes dans la plaine du Pô, prise de Melpum (Milan), les Gaulois et les Romains s'affrontent à Clusium
- -387 : mise à sac et prise de Rome, installation de Celtes transalpins en Italie
- -379 / -368 : Denys l'Ancien s'allie à des mercenaires celtes pour combattre les Béotiens en Grèce
- vers -365 / -349 : installation de Celtes dans la vallée du Tibre, en Campanie et en Apulie
- -354 / -350 : Rome s'allie avec les Samnites contre les Gaulois qui s'emparent de Bologne. Les Boïens s'installent en Bohême. Les Celtes traversent le Danube
- -336 / -323 : règne d'Alexandre le Grand. Il rencontre une ambassade celtique sur le Danube
- vers -335 : apparition des premières monnaies gauloises. Paix entre Romains et Sénons
- vers -310 : invasions celtes en Illyrie
- -307 : présence de mercenaires celtes en Afrique
- -300 / -295 : conquête de la Gaule méridionale par les Celtes. Percée en Bulgarie et en Thrace. Défaite gauloise face aux Romains à Sentinum (-295)
- -285 : défaite romaine à Arretium (Arezzo). Puis victoire décisive sur les Sénons
- -283 : défaite des Gaulois cisalpins (d'Italie) contre les Romains
- -280 / -278 : invasions celtiques en Grèce et en Asie Mineure : les Celtes occupent la Macédoine, Brennus met à sac le sanctuaire de Delphes, invasion des Galates en Thrace, en Macédoine et en Asie Mineure, Antiochos I de Syrie leur accorde un territoire (-275)
- -265 : Rome domine l'Italie
- vers -250 : les Belges entrent dans le Nord de la Gaule. Invasions celtes en Cisalpine et dans la plaine du Pô
- vers -241 : Attale I de Pergame défait les Galates
- -225 / -222 : victoire romaine sur les Transalpins et Cisalpins en Italie du Nord. Et sur les Boïens, et leurs auxiliaires Germains, à Clastidium
- -221 : victoire d'Hannibal sur les Celtibères
- -218 / -216 : les Celtes de Thrace passent en Asie Mineure sur l'invitation d'Attale I. Hannibal traverse les Alpes accompagné par des Celtes transalpins
- -205 : les Romains achèvent de conquérir la péninsule Ibérique
- -202 : Hannibal est définitivement vaincu
- vers -200 : soumission des Gaulois d'Italie à Rome
- -197 / -196 : soumission des Cénomans et des Insubres (celtes cisalpins). Défaite et soumission des Boïens dont une partie repassent les Alpes. Défaite des Celtes en Italie du Nord (-194 / -190)
- -181 /-174 : premières révoltes des Celtibères
- -171 / -166 : les Romains entrent en Illyrie. Répression du soulèvement galate
- vers -165 : soumission des Celtes d'Asie Mineure à Rome (les Galates)
- vers -154 : deuxième révolte celtibère avec les Lusitaniens. Première expédition romaine contre les Salyens de Provence
- -146 : destruction de Carthage par les Romains et conquête de la Grèce
- -144 : troisième révolte celtibère
- -125 / -121 : deuxième expédition romaine contre les Salyens, conquête de la Narbonnaise par Rome et création de la Provincia. Les Romains pénètrent en Cisalpine : défaite des Allobroges et des Arvernes, déclin de l'hégémonie et fin de la royauté arvernes. Fondation d'Aix-en-Provence (-121)
- -120 / -101 : conquête et reddition de la Gaule du Sud : création de la Narbonnaise. Incursion des Cimbres et des Teutons se terminant par leur défaite
- -118 : Fondation de Narbonne
- vers -107 : Victoire des Tigurins et des Volques Tectosages sur les Romains à Agen, puis défaite des Volques
- -102 : Marius bat les Teutons à Aix-en-Provence
- -80 : Celtillos, père de Vercingétorix échoue à restaurer la royauté arverne
- -76 : répression des Volques
- -75 : le denier romain est imité en Gaule
- -62 / -61 : soulèvement des Allobroges, appel à Rome des Éduens
- -58 / -51 : conquête de la Gaule par Jules César. Incursion des Helvètes, César les défait près de Bibracte (-58). Campagnes face aux Belges (-57). Victoire navale sur les Vénètes d'Armorique qui se soumettent (-56). Expédition de César de l'autre côté du Rhin et première expédition dans l'île de Bretagne (-55). Deuxième expédition en Bretagne (-54) et chez les Germains (-53)
- -53 / -52 : Révolte d'une partie de la Gaule sous les ordres de Vercingétorix, qui obtient la victoire à Gergovie. Défaite de l'insurrection lors de la bataille d'Alésia, soumission des Arvernes et des Éduens
- -51 : bataille d'Uxellodunum ; les derniers révoltés d'Alésia sont soumis, la Gaule est pacifiée
- vers -50 : Victoire des Daces sur les Boïens de Pannomie
- -44 : assassinat de Jules César
- -43 : Lugdunum (Lyon) devient la « capitale des Gaules », la Gaule cisalpine est rattachée à l'Italie
- -35 : Octavien repousse la frontière romaine jusqu'au Danube
- -27 / -25 : Les tribus alpines sont soumises. La Galatie devient province romaine
- -17 : abandon de Bibracte, loppidum des Éduens, au profit d'Autun dans la plaine.
- vers -27 / 14 : mise en place de l'administration romaine en Gaule chevelue sous le principat d'Auguste. Organisation des provinces romaines de Gaule aquitaine, Gaule belgique et Gaule lyonnaise
- -14 / -6 : Les Romains prennent la Pannonie. Les Germains occupent la Bohême et la Moravie
- 14 :
imperium de Tibère
- 21 : révoltes en Gaule des Trévires et des Éduens dirigée par C. Julius Sacovir et C. Julius Florus. La révolte est matée et le territoire Trévire rattaché à la province de Germanie inférieure
- 43 : expédition de Claude dans l'île de Bretagne, résistance de Caratacus, la province romaine de Bretagne est créée
- 61 : révoltes en Bretagne, suite à la destruction du sanctuaire druidique d'Anglesey (île de Mona)
- 68 / 70 : révoltes en Gaule menées par le Lingon Sabinus ; La révolte est matée et le territoire Lingon rattaché à la province de Germanie supérieure
- 78 / 86 : Campagne d'Agricola dans l'île de Bretagne
- vers 88 : Débuts de l'établissement du
limes
- 219 : Généralisation de la citoyenneté romaine

Civilisation

Mobilité et Organisation du monde celtique

Si la mobilité des Celtes au second âge du fer est attestée par l'archéologie et par de nombreux témoignages historiques, en particulier entre le V et le II siècle avant notre ère, il est plus difficile d'aborder la question de l'organisation du monde celtique à partir du premier âge du fer. Pour le « Hallstatien », en effet, nous ne disposons que de sources archéologiques. Durant cette période, le commerce avec la Méditerranée conduit à la constitution d'un véritable réseau de « principautés » s'étalant en arc de cercle depuis l'est de la Gaule jusqu'en Bohême (République tchèque). Ces principautés dominent chacune un territoire de 30 à 40 kilomètres de rayon (Patrice Brun) : les sites de Vix, de la Heuneburg, et de Hohenasperg font situer le cœur de ce phénomène de concentration du pouvoir entre la Bourgogne et le Wurtemberg, du IX au V siècle. Les échanges commerciaux avec la Méditerranée (axe nord-sud) ont pu, en effet, aboutir à la constitution de centre économiques servant de relais vers les régions plus lointaines de l'Europe barbare. Ces centres subissent les effets d'un glissement des routes commerciales de l'est des Alpes vers la plaine rhodanienne à la fin de la période. Les intermédiaires barbares dans le commerce avec la Méditerranée se multiplient alors et les « principautés de la Celtique » déclinent rapidement (au V siècle). Vers la même période, la métallurgie du fer se répand en Grande-Bretagne : l'île était restée jusque là en périphérie de ce système d'échanges européens dont le contrôle était assuré par quelques « princes ». Pour le second âge du fer, c'est-à-dire La Tène, il faut distinguer deux grandes périodes : Du V siècle jusqu'à la fin du III siècle a lieu une période d'expansion des Celtes, qui est celle de la formation du domaine celtique proprement dit dans ses frontières les plus larges. Cette période est caractérisée par une série de migrations et d'invasions par des populations originaires du nord-est de la France et du nord des Alpes : ces migrations, indice d'une très grande mobilité, conduisent les Celtes dans le nord de l'Italie, en Europe de l'est jusqu'en Ukraine et même, à travers l'épopée des Galates, jusqu'en Asie mineure. On ne peut toutefois que deviner, à cette période, l'existence de plusieurs « ensembles » dans le monde celtique pour se faire une idée, très incomplète, de son organisation. Les connaissances qui viennent de l'archéologie, en effet, portent surtout sur les caractéristiques unitaires des Celtes : un art originaire de l'Europe centrale a quand même pu être distingué, qui est l'indice de la formation d'une culture celtique originale et prospère : celle des Scordisques de Pannonie. C'est aussi avec le reflux en Macédoine des Celtes qui avaient envahi la Grèce, au III siècle, que se constitue la culture celto-thrace des Taurisques. Les sources historiques concernent quant à elles essentiellement l'art de la guerre des Celtes : le mercenariat celtique est alors renommé dans le monde hellénistique. Sa présence est connue à travers plusieurs récits, comme celui d'une ambassade auprès d'Alexandre le Grand sur le Danube. On peut aussi tirer des sources, généralement postérieures, certains traits (légendaires ou non) de la mobilité géographique des Celtes. À l'origine de cette mobilité, on peut citer la pratique des migrations sacrées, sous la conduite d'un chef de guerre (
brenn), avec éventuellement l'incendie de la « ville » d'origine (attesté durant la période suivante chez les Helvètes). Les raisons exactes de cet essaimage, toutefois, demeurent inconnues, mais elles sont probablement démographiques. L'étymologie, enfin, nous livre un aperçu de la mobilité des peuples. Certains noms de peuples, en effet, sont connus en des régions d'Europe fort différentes aux III–I siècles : cela éclaire leurs mouvements aux V-II siècles, sans que le détail en soit toujours connu :
- des Vénètes sont connus en plusieurs régions d'Europe : ceux d'Armorique sont finalement battus en -56 par les galères de César dans le golfe du Morbihan.
- Des Volques servent peut-être de mercenaires sur le Danube à l'époque d'Alexandre le Grand, soit avant de s'établir dans la région de Toulouse, soit étant originaires de celle-ci. Il en va également des Rèmes, qui ont donné leur nom à Reims.
- Des Sénons (originaires de Sens ?) et des Boïens (qui ont ensuite donné leur nom à la Bohême) entrent en Italie, où leur chef, connu sous le nom de
Brennus, assiège et rançonne Rome en -390. Ceux-là sont établis au dans la plaine de et vivent au sud de Vertamocoriens (originaires du Vercors ?).
- Des
Celtae (« Celtes ») sont connus dans la péninsule ibérique, leur nom étant probablement du à leur origine étrangère à cette région.
- Des Galates, dont le nom est évidemment à rapprocher de celui, postérieur, des « Gaulois » de la Cisalpine, s'établissent quant à eux dans l'actuelle Turquie, profitant des guerres qui agitent l'Asie mineure.
- Des
BelgaeBelges ») sont présents au I siècle avant notre ère sur les rives de la Tamise, en Angleterre. On trouve aussi dans le sud de l'île des Parisii, peut-être à rapprocher des parisii, qui ont donné leur nom à la ville de Paris. En contraste avec la période précédente, les II et I siècles avant notre ère correspondent à une période de repli des Celtes. L'essentiel du monde celtique d'alors est connu principalement à travers l'œuvre à caractère politique de Jules César. Ce dernier distingue dans l'aire géographique désignée sous le nom de « Gaule », la « Celtique » proprement dite, la « Belgique » occupée par les « peuples belges » (des peuples celtes ou germano-celtiques) et l'« Aquitaine ». Selon Jules César, les peuples belges présentent alors des traits de caractère plus archaïques que leurs voisins occidentaux : l'archéologie a effectivement mis en évidence leur bellicisme, qu'on peut expliquer par la permanence des traits culturels de la période d'expansion précédente. Au début de la guerre des Gaules, les Gaulois ont quant à eux développé des systèmes fédératifs qui résultent, par le jeu des « clientèles », dans une concentration du pouvoir aux mains de quelques « cités ». Celles, rivales, des Arvernes, des Éduens et des Séquanes dominent clairement la Gaule chevelue à la veille de la conquête romaine. Pour expliquer cette évolution, il est possible d'invoquer un système plus ancien d'alliances à vocation militaire : celui qui donne naissance aux « fédérations de peuples ». Ce système, qui se serait mis en place durant la période d'expansion des Celtes, aurait perduré avant de se transformer aux II et I siècles suite à la disparition progressive des conflits internes au monde celtique. Des exemples de telles alliances sont connus chez des peuples établis à plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres, au moment même où Rome conquiert le midi de la Gaule (dernier tiers du II siècle). Ainsi, le roi des Salyens a pu se réfugier chez les Arvernes, ou encore, les Voconces et les Allobroges ont pu former une coalition. Durant les temps qui précèdent la conquête romaine de la Gaule chevelue, probablement dès la fin du II siècle, ces alliances trouvent leur prolongement dans la paix pour des raisons économiques. Elles aboutissent alors à un système plus centralisé que les simples fédérations de peuples : une telle évolution explique la disparition de certaines royautés (chez les Arvernes) ou la distinction d'une oligarchie chez les Éduens. La naissance de cadres du pouvoir nouveaux en Gaule peut aussi expliquer l'utilisation du mot « cité » (civitas) par Jules César pour désigner une certaine réalité socio-politique gauloise en -58. La Gaule peut alors connaître une évolution comparable à celle menant à la naissance de la cité « classique », dans la Grèce archaïque : à la fois un ensemble de citoyens, un ensemble de lois et le territoire sur lequel s'exercent ces lois. La définition exacte à donner au mot « cité », s'agissant des Gaulois, et l'existence de frontières clairement établies entre les différents peuples de la Gaule, font cependant encore débat. Une évolution à peu près similaire a pu être proposée chez les Celtes de Bohême (du Boiohaemum). Ces derniers possèdent alors de somptueuses résidences dans des oppida dominant la voie danubienne : le rôle économique et religieux de ces places fortes est évident (cf. Petr Drda et Alena Rybova, Les Celtes de Bohême). Mais leur déclin est rapide, lié essentiellement aux luttes contre les Daces et à la pression des Germains. Certains de ces Boïens viennent d'ailleurs en Gaule où ils participent à la guerre contre les Romains. Pour compléter ce tableau, il faut noter l'existence de liens anciens et durables qui rapprochent les peuples occidentaux de la façade atlantique, de la Vendée jusqu'au sud-ouest des îles britanniques. Dans ces îles britanniques, aussi, la culture matérielle révêle ce qu'on peut assimiler soit à des particularismes, soit à des archaïsmes. L'habitat, notamment, demeure très éloigné des « villes » celtiques (Stéphane Fichtl) qu'on peut observer sur le continent : il montre plutôt la permanence de traits hérités de l'âge du bronze. L'usage du char de guerre, abandonné sur le continent lors du développement du mercenariat celtique, au plus tard au III siècle, perdure en Grande-Bretagne jusqu'à la conquête romaine. Et, si aucune trace archéologique n'a été trouvée dans cette île, les mythes irlandais du haut Moyen Âge en font en état. En résumé, que l'on compare entre elles les données archéologiques inhérentes à l'« espace » gaulois, au sens large, (en particulier les aires de diffusion des monnaies), ou encore qu'on prenne pour exemple les relations entre la Gaule Belgique et l'île de Bretagne (I. M. Stead, « Les peuples belges de la Tamise » dans Les Celtes, ouvrage collectif), il apparaît qu'à large échelle un réseau complexe de relations économiques et culturelles lie les Celtes entre eux au I siècle avant notre ère. Ces relations sont sous-tendues, à moindre échelle, par des clientèles et des fédérations de peuples élaborées probablement dans un but guerrier lors de la période de l'expansion celtique. Dans ce monde qui ne connaît pas d'unité politique dépassant le cadre – incertain – de la « cité » mentionnée par César, la tribu, le peuple, ou la (con)fédération de peuples, constitue à la fois le lieu originel et privilégié de l'identité des anciens Celtes et cette identité doit beaucoup à la guerre. Toutefois, avec la fin (relative) de la mobilité des Celtes, dès la fin du III siècle avant notre ère, et avec l'isolement puis le rétrécissement de certaines « régions » du domaine celtique, des évolutions séparées impriment leur marque sur les différentes composantes de cet espace : aussi, Belges, Gaulois (au sens strict), Celtes de Bohême, Bretons et Galates d'Asie mineure présentent, au I siècle avant notre ère, des différences importantes selon leur éloignement par rapport au modèle d'organisation précédent.

Art et culture

Mœurs

Sur les mœurs, bien que ce fait soit surtout mis en valeur par les historiens anglo-saxons, les récits mythologiques et épiques du Moyen Âge irlandais, postérieurs de plusieurs siècles, nous renseignent sur des traits de civilisation qui présentent une relative similitude avec ceux que décrivaient les Grecs anciens : les Celtes sont festifs, prompts à s'emporter, bagarreurs et superstitieux. Ainsi, selon Appien (VII.), les Celtes sont intempérants et se gorgent de bière ; cela rend leurs chairs flasques. Pour Strabon (IV. IV, 2.), les Gaulois sont irrascibles, prompts à la bataille et querelleurs (IV, 6.).,
etc. Ces traits de caractère, bien évidemment, relèvent en majorité de la vision qu'avaient les Latins des Celtes. Néanmoins, ce sont de tels passages qui nous renseignent sur d'autres aspects plus intéressants, quoique sujets à controverse, de la culture des anciens Celtes : ainsi, Diodore de Sicile nous apprend que les guerriers Celtes conservaient la tête de leurs ennemis et lui vouaient un culte, les textes irlandais quant à eux, s'ils rapportent le fait, ne lui donne pas un caractère religieux. Cette information a été mise en rapport avec les inventions archéologiques de linteaux de portiques représentant des têtes coupées, ou encore avec les décors proprement celtiques des portails des églises de l'Irlande chrétienne : ces derniers privilégient la représentation des têtes de saints. Lucain, quant à lui, renseigne ses lecteurs sur l'aspect sinistre et sanguinaire des lieux de culte des Celtes : ses affirmations, à rapprocher de celles de Strabon sur les sacrifices humains, ont depuis lors été mises en rapport avec les dépôts d'offrandes des sanctuaires celtiques de la Gaule septentrionale et Belgique.

Société

La
gens des peuples indo-européens constitue la base de la société celte. En d'autres termes, tout comme à Rome et en Grèce, ce sont des familles au sens large du terme qui forment ensemble un tuath, un clan. Cette famille, ou fine pour les Gaëls, a le même sens que familias en latin et inclut tous les parents jusqu'au neuvième degré. Au-delà du neuvième degré, une autre famille est constituée et les biens auparavant communs doivent être partagés. Le clan (par exemple, le clan écossais), ou tribu, appelé tuath en Irlande, est la cellule politique de base qui regroupe toute la hiérarchie sociale, du chef, ou roi, jusqu'au esclaves et biens communs. Le clan était un tout et pouvait tout régler de lui-même. Donc, si en apparence les Celtes n'avaient pas d'unité politique, c'est qu'ils n'avaient jamais eu de besoin d'unification au-delà du clan. Leur conception de l'Etat est à un l'opposé du spectre de celle des Romains pour qui un Etat presque totalitaire était ce à quoi toute pensée et toute activité étaient dédiés.
- Jean Markale, «La femme celte», Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1989.

Écriture

Les Celtes découvrirent probablement l'écriture sous l'influence des Étrusques, en Italie du nord-ouest, où des inscriptions en langue celtique utilisent l'alphabet de Lugano : ces « inscriptions lépontiques » proviennent notamment de la culture de Golasecca, celticisée peut-être à la fin du ou vers 600 av. J.-C. au plus tard (R. C. De Marinis, « Les Celtes de Golasecca » in
Les Celtes, catalogue de l'exposition du Palazzo Grassi de Venise, cité en bibliographie). En Gaule méridionale, les « Gaulois du Midi » nous ont quant à eux livré plusieurs inscriptions utilisant l'alphabet grec. Ils ont pu acquérir la connaissance de cette écriture au contact de la cité phocéenne de Marseille, dans le sud-est de la France, dès le . Marseille Les inscriptions gallo-grecques (écriture avec l'alphabet grec de textes en langue gauloise) sont les plus importantes sources écrites par des Celtes qui nous sont parvenues pour la période antérieure à la conquête romaine de la Narbonnaise : elles couvrent des tessons (marques de propriété), des autels (dédicaces) et l'une d'entre elles est même datée de -500 / -450 (Italie du nord). Dans l'aire gauloise historique laténienne, l'usage de l'écriture aurait été limité par les druides pour des raisons culturelles et de tabou religieux (Jules César). Pour ce qui est du domaine insulaire, il convient de citer les Ogam, o

Latin

Introduction

Le latin est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, aujourd'hui considérée comme éteinte, même si elle continue d'être utilisée et développée comme langue écrite. Utilisée par les Romains, elle resta jusqu'au XVIIe siècle la langue principale de la diplomatie internationale, puisqu'elle était la seule langue commune à toutes les parties. Langue liturgique et officielle de l'Église catholique (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.), elle est toujours une des trois langues officielles de l'État du Vatican. Elle est encore partiellement une langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Son enseignement au futur clergé en tant que langue parlée est généralement abandonné dans les séminaires locaux. Le latin reste cependant étudié et utilisé comme langue de culture. Il conserve un réel succès d'estime auprès de nombreuses personnes qui la pratiquent couramment (voir Vicipaedia : cette version latine de Wikipedia compte 4000 articles, témoignant du nombre et de la passion des locuteurs). Le latin est la langue-mère des langues romanes.

Histoire

Plusieurs langues européennes dérivent directement du latin vulgaire (c'est-à-dire des variantes parlées par le peuple et non la langue littéraire), les langues romanes, comme le catalan, le castillan, le français, l'italien, le portugais, l'occitan, le romanche, le roumain, etc. D'autres langues lui ont emprunté un très large vocabulaire, comme l'albanais (par proximité) ou l'anglais (par l'intermédiaire de l'ancien français ou par l'occupation romaine d'une grande partie de l'Angleterre). Le latin ayant été pendant des siècles la langue savante (et, en France, celle de l'enseignement, du au ) et la langue de l'Église catholique romaine, son influence en Europe s'est fait sentir dans un grand nombre de langues.

Latin médiéval

On parle parfois de bas-latin pour désigner le latin de la fin de l'Antiquité et du début du Moyen Âge, pour lequel on peut parler de latin médiéval, par opposition au latin classique de Cicéron. De nombreux termes empruntés aux langues germaniques se sont ajoutés au vocabulaire. Un certain nombre de termes classiques ont acquis un sens religieux dans le contexte de la chrétienté (credo par exemple) qu'ils n'avaient pas à l'époque antique.

Le latin, langue vivante

Jusqu'au , les thèses de doctorat, qu'elles soient de médecine ou de n'importe quelle autre science devaient être publiées en latin. Pour ce faire, les doctorants payaient parfois et souvent très mal un étudiant latiniste pour exécuter la traduction. La langue de l'Eglise catholique reste et demeure le latin. Cela ne va pas sans difficultés. Déjà au temps du concile Vatican II, Yves Congar o.p., expert au concile, s'emploie à corriger la copie de ses collègues afin qu'ils s'expriment dans un latin fluide et contemporain. Par ailleurs, son Journal du Concile (CERF, 2000) témoigne qu'il donne, en catimini, des notes à l'expression latine des divers évêques et cardinaux. Le latin n'est plus enseigné aujourd'hui, en tant que langue vivante, que dans les universités ecclésiastiques romaines (la Grégorienne, l'Augustine, etc.) et dans les séminaires dépendant de la Fraternité Saint-Pie X, qui ne reconnaît plus l'autorité romaine. Lors du conclave de 2005, un des derniers enseignants actifs dans une université ecclésiastique romaine a indiqué que seuls deux cardinaux, dont celui qui fut élu pape, le comprenaient encore lorsqu'il s'adressait à eux en latin. Pour aider à une meilleure qualité du latin écrit chez ceux de ses représentants qui doivent encore le pratiquer, le Vatican entretient un service du latin moderne et contemporain. Soixante mille mots ou expressions ont été ajoutés au latin ces deux derniers siècles, afin de permettre l'expression sur tous les sujets contemporains (puissance nucléaire se dit par exemple vis atomica), ce qui lui confirme le statut de langue vivante, contrairement à une opinion répandue. Il existe une méthode Assimil de latin, qui commence ainsi: - Latíne lóqueris? - Parles-tu latin ? - Nondum latine loquor. Hæc léctio mihi prima est. - Je ne parle pas encore latin. C'est ma première leçon. - Cito latíne loquéris. - Tu parleras bientôt. On insiste avec raison sur la nécessité d'accentuer correctement.

Le latin et l'Union Européenne

Assimil Le latin est aussi utilisé de temps en temps dans le contexte de l'Union européenne, lorsque le multilinguisme officiel n'est pas applicable. Afin de montrer son attachement à son modèle culturel pluraliste, l'Union Européenne a alors recours, pour de courtes et simples inscriptions, à la langue latine, qui souligne son glorieux passé (voir photo).

Classification

Le latin est une langue indo-européenne appartenant au groupe italique, même si cette appartenance a été contestée par certains linguistes. Plus précisément, on classe le latin parmi les langues italo-falisques.

Répartition géographique

Statut officiel

Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Eglise catholique. La langue officielle du Vatican est quant à elle le français avec, de facto, l'italien.

Langues dérivées

Les langues romanes sont dérivées du latin.

Ecriture

Les romains sont les créateurs de l'alphabet latin, qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes : Les lettres K, Y et Z sont rares. Y et Z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs et K était initialement utilisé pour C devant A et les consonnes, mais a progressivement été éliminé.

Prononciation

Prononciation ancienne restituée

On connaît avec précision la prononciation du latin classique, grâce aux nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et au moyen de la méthode comparatiste. L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen est le rhotacisme (passage de /s/ à /r/ dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. On indique ici les évolutions les plus flagrantes :
- æ (diphtongue) : initialement // puis // (à partir du ) ;
- au (diphtongue) : // ; cette diphtongue, hormis dans certaines prononciations dialectales, s'est conservée tout au long du latin ;
- c : /k/ (toujours dur) ; dans les inscriptions archaïques (et dans le prénom Caius), c pouvait servir à noter /g/ ;
- ch : // (aspiré, comme en grec ancien) ;
- g : /g/ (toujours dur) ;
- h : initialement /h/ (comme en anglais ou en allemand) puis très rapidement muet (dès les premiers textes littéraires) ;
- i : note à la fois la voyelle /i/, longue ou brève, et la spirante /j/ (/jj/ entre deux voyelles) ; dans les éditions scolaires, quand i vaut /j/, il est souvent écrit j, distinction que les Romains ne pratiquaient pas (pour cause : la lettre j n'est apparue que bien après) : ils écrivaient I en toute position ;
- m : /m/ ; très rapidement muet en fin de mot (avec vraisemblablement une nasalisation de la voyelle précédente ; ce traitement est survenu avant la période littéraire) ;
- œ (diphtongue) : // puis /eː/ (à partir du ) ;
- ph: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- qu : // ;
- r : /r/ (roulé) ;
- s : toujours /s/ ; le latin ne connaissait pas le son [z], remplacé par /r/ (rhotacisme) ;
- th: // (aspiré ; emprunté du grec ancien) ;
- u : note à la fois la voyelle /u/ et la spirante /w/ ; la distinction entre u et v en minuscules est relativement récente et ne s'emploie que dans les éditions scolaires. Les Romains écrivaient V en toute position ;
- y : /y/ (emprunté au grec ancien) ;
- z : /zz/ (long ; emprunté au grec). Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue. Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.

Prononciations modernes

[En préparation]

Grammaire

Morphologie

La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.

Système nominal

L'article complet se trouve dans Déclinaisons latines. On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
- deux nombres comme en français : singulier, pluriel ;
- trois genres : masculin, féminin et neutre (rare en français, conservé seulement dans les pronoms quoi, que) ;
- cinq types de déclinaisons pour le nom
- deux classes d'adjectifs : la première correspond aux déclinaisons 1-2 du nom, la seconde à la déclinaison 3 du nom;
- les degrés de l'adjectif comparatif (plus beau, moins beau) et superlatif (très beau, le plus beau, le moins beau), marqués par des suffixes : -ior (classe 2), -issimus (classe 1) (mais nombreuses exceptions)comme melior, pessimus, pejor...;
- le latin classique comporte six cas : nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif. Le roman, issu du latin au Moyen Âge et ancêtre du français, n'en comporte plus que deux.

Système verbal

L'article complet se trouve dans Conjugaisons latines. Le verbe se conjugue selon :
- quatre types de conjugaison ;
- deux voix (active et passive), avec le cas particulier des verbes déponents (forme passive mais sens actif) ;
- six modes (infinitif, indicatif, subjonctif, impératif, gérondif et participe) ainsi que des formations secondaires comme le supin et l'adjectif verbal ;
- six temps (présent, imparfait, futur simple, sur le radical du présent, et parfait, plus-que-parfait, futur antérieur, sur le radical du parfait).

Pronoms personnels

La liste complète se trouve dans Liste des pronoms en latin.

Lexique

Le latin et les autres langues indo-européennes


- Le vocabulaire commun Comme toute langue indo-européenne le latin possède un certain nombre de mots en commun avec ses langues sœurs. AGNUS "agneau" correspond au slave ancien AGNĘ "agneau" qui s'est conservé dans toutes les langues slaves moderne, comme ЯГНЁНОК "agneau" en russe. De même le grec AMNOS "agneau" est un ancien AGNOS. Le breton OAN "agneau" remonte à un ancien AGNOS. à compléter...

Que devient le latin quand il se fait français ?

Un mot latin peut avoir engendré un mot français qui est son direct descendant, c'est le cas pour ALA "aile" qui devient AILE, AMARE "aimer" AIMER, BARBA "barbe" BARBE, CARPA "carpe" CARPE. Dans d'autre cas la situation n'est pas si simple et le mot a évolué : AQUA "eau" donne EAU mais après une longue évolution qui a fait prendre au mot la forme ÈVE dont dérive le mot ÉVIER qui est en quelque sorte le doublet populaire de AQUARIUM. FERIRE "frapper" a donné FÉRIR qui est maintenant hors course. FAGUS "hêtre" se voit évincé par un mot germanique et CRUS "jambe" ne se retrouve qu'indirectement dans CRURAL. LAETITIA "joie" a engendré LIESSE mais seul le linguiste comprendra aisément par quel long processus. MACULA "maille" a fait une petite glissade de sens et NATIS "fesse" qui a donné NACHE n'est compris que par certains vieux grand-pères. PATER "père" revient en force dans l'argot et QUATUOR "quatre" dans l'opéra. On en perd forcément son latin.

Exemples

Voir aussi

Liens internes


- Déclinaisons et Conjugaisons latines
- Liste des pronoms en latin
- Étymologie latine
- Expression latine et Liste des proverbes latins
- Linguistique
- Rhotacisme
- Dictionnaire des langues
  - Langues par famille
    - Langues indo-européennes
      - Langues italiques
      -
- langues romanes
- Méthode latine ;

Liens externes


- [http://www.pesaro.com/latino/ Le latin contemporain]
- [http://www.obta.uw.edu.pl/~draco/docs/voccomp.html Le vocabulaire de l'informatique]
- [http://cafe.rapidus.net/ghiginio/NotaeNet/N_0.html Vocabulaire français-latin moderne], avec grammaire orientée pour le thème.
- [http://www.freelang.com/dictionnaire/latin.html Dictionnaire Freelang] - Dictionnaire latin-français/français-latin.
- [http://www.passion-histoire.net/phpBB_Fr/viewforum.php?f=81/ Forum consacré aux langues anciennes]
- [http://miroir.mrugala.net/Arisitum/adihaf/latin.htm Cours de latin]
-
Catégorie:Langue morte Catégorie:Langue liturgique Catégorie:Langue véhiculaire als:Latein ja:ラテン語 ko:라틴어 simple:Latin language th:ภาษาละติน zh-min-nan:Latin-gí

Belgique

|- valign="top" | Roi | Albert II |- valign="top" | Premier ministre | Guy Verhofstadt |- valign="top" | Fête nationale | 21 juillet |{{entête tableau simple

800

Catégorie:800
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Années 780 | Années 790 | Années 800 | Années 810 | Années 820
795 | 796 | 797 | 798 | 799 | 800 | 801 | 802 | 803 | 804 | 805
---- Cette page concerne l'année 800 du calendrier julien.

Événements


- La population de la Terre s'élève à quelque 224 millions d'hommes.

Europe


- 23 novembre : Charlemagne revient à Rome pour compléter l'examen des crimes dont le Pape Léon III est accusé.
- : C'est Charlemagne lui-même qui préside l'assemblée du concile réuni dans la basilique du Vatican, s’érigeant en juge du Pape.
- 23 décembre : Léon III, à la demande de Charlemagne, prononce un serment purgatoire, jurant qu’il n’a « ni perpétré, ni ordonné les choses criminelles et scélérates qu’on lui reproche ». L’empire d’Occident est rétabli par le concile.
- 25 décembre : Couronnement de Charlemagne, empereur d'Occident : Charlemagne, roi des Francs, est sacré empereur d'Occident dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, par le Pape Léon III, puis acclamé par la foule. Le Pape s’agenouille devant le nouvel empereur.
  - Selon son biographe Eginhard, Charlemagne sort furieux de cette cérémonie : en couronnant d’abord Charlemagne avant les acclamations, Léon III affirme que tout pouvoir vient de Dieu, par son intermédiaire, et non du peuple.
  - Charles, fils aîné de Charlemagne, est couronné le même jour roi de Neustrie.
  - Charlemagne reste à Rome jusqu’aux Pâques 801, affirmant clairement sa souveraineté sur la Ville Eternelle.

Afrique


- L'Empire de Kanem-Bornou est fondé vers cette époque en Afrique occidentale, dans la région du lac Tchad.

Amérique


- Le centre maya de Palenque commence son déclin dans le Mexique actuel.

Proche orient & Monde arabe


- En Ifriqya (Tunisie), Ibrahim ibn al-Aghlab, émir de Kairouan (800-810), fonde la dynastie des Aghlabides (fin en 909). Elle dépend de Bagdad à qui elle verse une redevance annuelle.
- Le patriarche de Jérusalem reconnaît Charlemagne comme le protecteur des Lieux Saints.
- Ambassade du calife Harun al-Rachid à Aix-la-Chapelle.

Asie


- En Inde, règne de Nagabhata, roi Pratihara d’Avanti (fin en 840). Il conclue des alliances avec les rois de l’Andhra, du Sind, du Vidarbha (Berar) et du Kalinga pour contenir les Rastrakuta au sud et les Arabes du Sind à l’Ouest.
- À Java, on construit le temple de Borobudur.
- L'empire Shrîvijaya contrôle le détroit de Malacca.
- Les Cha-t'o sont établis comme fédérés par la Chine dans le nord de l’Ordos.
- Des colons Ouïgours vont fonder des colonies dans les oasis du Tarim (Serinde, Karachar, Bechbalik, Tourfan).
- Eres Kônin et Jôgan au Japon (800-892)

Naissances


-

Décès en 800


- Constantin VI, empereur byzantin.
- Mort de l’eunuque byzantin Staurakios.
- Sigfred (Sigifred), roi danois. ko:800년 simple:800

La Tène

La Tène est le nom d'une période de l'âge du fer. Le site éponyme, inventé en 1858, est situé sur le territoire communal de Marin-Epagnier, dans le canton de Neuchâtel en Suisse, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle. Les fouilles de la Tène, commencées en 1853 lors de la baisse du niveau des eaux, ont permis la découverte de nombreuses armes (épées) et parures. Deux ponts qui passaient sur l’antique rivière Thielle sont les points d’offrande d’un vaste sanctuaire de plein air. Le site, qui révéla une importante quantité d'objets du IIe âge de fer et plusieurs habitats préhistoriques, donna son nom à l'âge du fer récent en 1872, lorsque l'archéologue suédois B.E. Hildebrand élabora sa chronologie, tandis que l'âge du fer ancien était nommé Hallstatt.

Systèmes chronologiques

Système de Tischler

Par la suite, la période de La Tène a été subdivisée en trois phases (par Otto Tischler en 1881) selon la forme des épées et des fibules :
- ancienne -400 à -300 : fibule à pied libre (Duchkov) et épée à pointe effilée avec fourreau à bouterolle circulaire
- moyenne -300 à -100 : fibule à pied rattaché au sommet de l'arc, épée plus longue et fourreau à bouterolle pointue ou légèrement arrondie
- récente -100 au début de l'ère chrétienne : fibule avec cadre en guise de porte ardillon, épée à bout arrondi, de taille uniquement. Ce système a servi par la suite de base pour les chronologies régionales.

Systèmes allemand (Reinecke) et français (Déchelette)

La période a néanmoins été découpée à nouveau en quatre phases (par Paul Reinecke en 1902 pour l'Allemagne, et par Joseph Déchelette qui corrige la chronologie de Tischler en 1914 pour la France). Celui-ci ajoute notamment la Tène IV pour les îles britanniques :
- La Tène I (à partir de la seconde moitié du )
- La Tène II/III (jusqu'à la conquête romaine)
- La Tène IV (réservée aux îles britanniques)

Styles artistiques de Jacobsthal

Enfin, en 1944, Paul Jacobsthal publie sa chronologie dans Early Celtic Art. Elle est fondée sur l'observation de quatre styles artistiques propres à l'espace celtique :
- Style ancien : -500 à -400
- Style de Wadalgesheim : -400 à -300
- Style plastique : début du IIIe siècle
- Style des épées hongroises : début du IIIe siècle

Synthèse

Aujourd'hui, les systèmes de Tischler (notamment appliqué à la Champagne ancienne), de Reinecke (système allemand) et de Déchelette (système français) coexistent. Paul-Marie Duval a quant à lui proposé le système synthétique et corrigé qui suit :
- La Tène I : -475/-450 à -300/-200 (style sévère)
- La Tène II : -300/-250 à -120/-100 (style libre)
- La Tène III : -120/-100 à 0 (style sévère) Finalement, on peut retenir que La Tène commence à la fin de Hallstatt et qu'elle se découpe en trois ou quatre grandes phases : au cours du IIIe siècle avant JC, vers le milieu du IIe siècle avant JC (au moment de la conquête de la Narbonnaise) et enfin, jusque vers -20 à -15, c'est-à-dire le début de la romanisation de la Gaule chevelue. Les îles britanniques sont traitées à part. Voir Celtes historiques.

Civilisation

La civilisation celtique de la Tène atteint les Balkans (Yougoslavie), la Grèce (prise de Delphes en -270), l’Asie Mineure (Galates en -275) la Gaule tout entière (entre la Garonne et la Seine, v. -500), l’Espagne (Celtibères, v. -500). Conséquence d’une crise interne, de la réorganisation des circuits commerciaux ou des luttes entre Grecs et Etrusques pour le contrôle des échanges, le